Voix d’élèves sur l’apprentissage en français en milieu francophone minoritaire : de quelques incidences didactiques

“ Aux yeux des élèves, il est clair que la finalité ultime de la scolarisation dans l’école francophone dépasse le but langagier, aussi important soit-il, mais vise la valorisation attitudinale de la langue française et l’établissement, par les élèves eux-mêmes, d’un rapport affectif et identitaire à la langue française. » (Buors et Lentz, 2009, p. 239)
Cet article porte sur la voix des élèves sur l’apprentissage en français et consiste en une analyse critique de l’intervention de six élèves en dernière année d’école secondaire au Manitoba lors du colloque sur l’apprentissage du français langue première dans l’Ouest et le Nord canadien en 2007. Comme l’affirment les auteurs, les voix d’élèves sont devenues depuis quelques années une « source importante pour accroître la pertinence de l’intervention éducative en milieu scolaire » (p. 231-232). Le matériau de recherche est un montage d’une durée de treize minutes, réalisé à partir des témoignages des élèves et intégré aux actes du colloque. Les auteurs s’intéressent aux expériences significatives associées à la langue française, à l’apprentissage de la langue française et aux attitudes envers la langue. Au sujet des expériences significatives associées à la langue française, l’analyse de l’intervention des jeunes participants montre que ces dernières « ont eu lieu le plus souvent à l’extérieur de l’univers restreint de la salle de classe » (p. 233) et que la langue y est principalement vécue « non comme un objet d’études centré très souvent sur son fonctionnement, mais plutôt comme une pratique langagière, vecteur d’expression d’un vécu, d’une affirmation identitaire » (p. 233). L’étude de la thématique de l’apprentissage de langue française, fait quant à elle ressortir l’idée que « l’ancrage se trouve ailleurs que dans la langue elle-même » (p. 235). Il y a en effet, selon les auteurs, une double revendication sur l’apprentissage scolaire : pertinence et contribution à la croissance personnelle, intellectuelle et sociale (p. 235).
Au niveau des attitudes des élèves envers la langue française, les auteurs soulignent trois éléments : l’ouverture, l’attachement et la valeur identitaire.
Ainsi, selon Buors et Lentz (2009), la pédagogie en milieu francophone minoritaire doit être « intervenante » (p. 241) dans le sens où elle doit intervenir, « comme un des leviers de la vitalité [ethno]linguistique. » (Cazabon, 1996b, p.296. Cité dans Buors et Lentz, 2009, p. 241). A la suite de Landy et Rousselle (2003, p.93. Cité dans Buors et Lentz, 2009, p.241) qui déclarent qu’« on ne naît pas francophones, on le devient », les auteurs affirment que « les élèves qui fréquentent les écoles francophones en milieu minoritaire ne sont pas nés francophones, ils le deviendront […] non pas parce qu’on leur aura vanté les mérites d’un référentiel d’apprentissage mais bien parce qu’ils y trouveront un sens » (p. 241).
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