The politics, policies, and practices in linguistic minority education in the People’s Republic of China : the case of Tibet

Bonnie Johnson

« Although Chinese laws dictate that school curricula should reflect the interests of their constituencies, the Tibetans have no real freedom to select or create a separate curriculum for their schools. » (Johnson, 2000, p. 598) 

L’article de Bonnie Johnson (2000) porte sur le cas tibétain et plus particulièrement sur l’éducation dans ce contexte. L’auteure se donne pour objectif d’examiner les effets des politiques éducatives chinoises sur les Tibétains. Rappelant l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par les Nations-Unies en 1948, l’auteure pose le cadre conceptuel de son article en soulignant cet enjeu majeur auquel toutes les politiques d’éducation universelle dans les sociétés multiculturelles sont confrontées à savoir : le développement de l’éducation pour tous et en même temps l’éducation des groupes minoritaires.  Dans le cas précis décrit dans cet article, le pouvoir central vise à réduire la résistance ethnique régionale contre le gouvernement communiste dans le but de maintenir l’unité nationale.

La première partie de l’article dresse un portrait succinct de la société chinoise à l’égard de la question des groupes culturels. Évoquant quelques chiffres (comme les 56 nationalités officielles en Chine où plus de 70 millions de personnes font partie de la minorité), l’auteure précise qu’étant donnée la répartition géographique de ces minorités, l’éducation représente une stratégie de défense globale de la Chine qui chercherait à les pacifier à l’intérieur de ses frontières. Les phases les plus importantes de l’évolution des politiques éducatives chinoises des années 1950 jusqu’aux années 1980 et 1990 dont présentées. Selon l’auteure, malgré l’évolution des politiques chinoises à l’égard des minorités depuis 1978, et surtout de l’adoption d’un cadre régional visant l’autonomie en 1984, les tentatives d’amélioration des relations entre la Chine centrale et les groupes minoritaires n’ont pas beaucoup progressé.

C’est à partir de ce constat que l’auteure évoque les points de sélection et d’exclusion dans le système éducatif chinois, ce qui représente en effet la deuxième partie de l’article. Johnson (2000) y décrit le système éducatif chinois, de l’élémentaire au post-secondaire, avant de conclure que malgré certaines avancées les langues minoritaires ne sont toujours pas en mesure de concurrencer le mandarin, considérant les inégalités politiques et économiques.

L’auteure évoque brièvement l’histoire du Tibet, son système socioéconomique et ses incidents assez récents avec la Chine avant d’affirmer que malgré sa longue tradition en éducation tout au long de son existence, Tibet reste l’une des régions les moins alphabétisées de Chine. Selon Johnson (2000) l’une des principales raisons pour lesquelles les étudiants tibétains ne poursuivent pas leurs études secondaires est qu’ils ne parviennent pas à se qualifier dans la partie en langue chinoise de l’examen d’entrée à l’université.

La dernière partie de l’article de Johnson traite la question des droits constitutionnels et de l’éducation au Tibet. Y est soutenue l’idée selon laquelle malgré la reconnaissance formelle des droits de minorités dans la constitution chinoises, la réalité est différente : le chinois et non le tibétain reste le médium de l’instruction dans la plupart des écoles tibétaines (p. 598) et de plus, les Tibétains n’ont pas de vraie liberté en matière de choix ou de production de leur propre curriculum scolaire.

Ainsi, Johnson (2000) conclut : en théorie, la Chine fait preuve d’un bon exemple de politiques protégeant les droits de minorités, or il semble que le manque d’application de ces politiques.  L’éducation bilingue et en faveur des minorités demeure un dilemme politique pour le gouvernement central de la Chine.

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Bonnie Johnson
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Thème(s)
Les politiques et pratiques éducatives et linguistiques

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