Sustaining Indigenous languages and cultures: Māori medium education in Aotearoa New Zealand and Aboriginal Head Start in Canada

“Également, l’environnement de ces écoles est perçu comme plus “accueillant” et les parents se sentent plus “confiants” de fournir de l’aide à leurs enfants.” – Rameka et Stagg Peterson, 2021, traduction libre, p. 9
Rameka, L. et Stagg Peterson, S. (2021). Sustaining Indigenous languages and cultures: Māori medium education in Aotearoa New Zealand and Aboriginal Head Start in Canada. Kōtuitui: New Zealand Journal of Social Sciences Online, 16(2), 307‑323. https://doi.org/10.1080/1177083X.2021.1922466
“Lorsque les langues disparaissent, les visions du monde et les cultures suivent” (Skutnabb-Kangas, 2008). C’est en partant de ce constat que deux chercheures de Nouvelle-Zélande et du Canada se sont penchées sur la transmission des langues autochtones en perdition dans ces deux pays. Plus précisément, elles se sont intéressées à l’éducation de la petite enfance comme moyen de contrecarrer la disparition des langues autochtones, en se basant sur le postulat de Battiste (2008) qui stipule que l’enseignement qui se fait dans la langue dominante dès le plus jeune âge accentue cette perte linguistique et culturelle des langues autochtones. Elles ont documenté des initiatives d’éducateurs qui placent les pédagogies et les savoirs autochtones au cœur de l’enseignement de la petite enfance.
Dans le cas de la Nouvelle-Zélande, la question suivante est posée à des groupes d’éducateurs : « quelles sont les raisons qui poussent les parents à choisir soit l’école Māori, soit l’école anglaise pour leurs enfants ? » (traduit de l’anglais, Rameka et Stagg Peterson, 2021). Les résultats montrent que les parents choisissent d’envoyer leurs enfants dans des écoles Māori pour cinq raisons. Tout d’abord, ces écoles permettent aux enfants de développer un sentiment d’identité et d’appartenance. De plus, ces écoles, étant les valeurs et les savoirs qui la renseignent, permettent de mieux répondre aux besoins des enfants. Également, l’environnement de ces écoles est perçu comme étant plus “accueillant” et les parents se sentent plus à l’aise de fournir de l’aide à leurs enfants (traduit de l’anglais, Rameka et Stagg Peterson, 2021, p. 9). En outre, ces écoles assurent une “rétention” et une “revitalisation” de la langue qui autrement disparaitrait petit à petit. Enfin, plusieurs certains parents n’ont pas eu l’occasion, plus jeunes, d’apprendre la langue en raison des politiques d’assimilation, et qu’ils veulent donner cette chance à leurs enfants, le choix de cette école leur apparait tout désigné. Au contraire, les parents choisissent l’école de langue anglaise car elle est perçue comme offrant davantage d’occasions, facilitant le rôle des parents, ceux notamment ne parlant pas du tout la langue maori..
Dans le cas du Canada, l’étude, échelonnée sur une période de trois ans, et menée dans le nord de l’Ontario auprès de quatre éducatrices autochtones, montre comment celles-ci intègrent des pratiques et des langues autochtones dans leur enseignement mais aussi quels ont été les obstacles qu’elles ont dû affronter?
Les résultats ont démontré que les éducatrices intègrent des connaissances autochtones dans des situations de jeu notamment. Concernant les expériences qui ont servi d’appui à leur enseignement, les éducatrices font référence à des moments clés de leur enfance où des membres de leur famille et de la communauté leur avaient transmis leurs connaissances sur la terre. C’est “grâce à l’observation et à la pratique avec des membres de leurs familles, que les éducatrices de la petite enfance ont développé les compétences et les connaissances traditionnelles” (traduit de l’anglais, Rameka et Stagg Peterson, 2021, p. 14).
En ce qui a trait aux obstacles, les éducatrices ont mentionné leur besoin de mieux connaître leur langue Anishnaabemowin. Les chercheurs parlent d’une “perte intergénérationnelle des langues autochtones” qui limitent les éducateurs dans leur enseignement (traduit de l’anglais, Rameka et Stagg Peterson, 2021, p. 14).
En conclusion, les chercheuses soulignent la nécessité, dans ces deux pays, de revitaliser les langues autochtones, notamment grâce à l’école. Elles notent cependant qu’il existe une différence de vitalité entre les langues autochtones du nord de l’Ontario et de la Nouvelle-Zélande, notamment en termes d’occasions. Elles expliquent que les enfants autochtones du nord de l’Ontario ont moins d’occasions de poursuivre l’éducation dans leur langue autochtone que les Māori. Néanmoins, dans les deux pays, elles remarquent l’effet positif que ces écoles ont sur les enfants autochtones.
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