Quel français enseigner en milieu minoritaire ? Minorités et contact de langues : le cas de l’Acadie

Les élèves sont conscients de l’écart entre le « chiac » et le français standard et expriment qu’il est parfois difficile de passer d’une forme de communication à l’autre (p.16).
Dans cet article, Boudreau et Perrot questionnent qui est le détenteur de la norme linguistique légitime dans les communautés francophones ? Cet enjeu comporte de lourdes conséquences dans l’enseignement du français en situation minoritaire ou la construction identitaire des communautés francophones est en jeu. Les auteurs reconnaissent la présence d’une tension entre des pressions opposées dans la façon dont les francophones du Nouveau-Brunswick communiquent : la pression du français standard et la pression du français vernaculaire (p.7). Afin d’analyser comment cette tension affecte l’apprentissage de la langue, les auteurs ont fait une analyse de discours croisés entre des entrevues faites auprès d’élèves et d’enseignants de trois écoles secondaires du Sud-Est du Nouveau-Brunswick.
Les auteurs débutent l’article en faisant une présentation du contexte sociolinguistique pour ensuite étudier les positionnements de dix enseignants et dix élèves. les auteurs soulignent que le français correct n’est pas nécessairement la langue d’appartenance de l’élève et que ceux-ci perçoivent ce niveau de langage comme étranger et même inaccessible.
Les auteurs se questionnent ensuite sur les normes à enseigner en milieu minoritaire concernant la langue.
Si une authenticité est recommandée, les auteurs constatent que dans le programme de littérature francophone et dans le manuel de grammaire utilisé dans les écoles, il n’y a pas de texte écrit en vernaculaire ou « chiac ».
Boudreau et Perrot concluent que les enseignants font face à un dilemme concernant les pressions qui existent entre le « chiac » et le français standard. D’un côté, la dimension identitaire du parler vernaculaire est importante, mais les élèves doivent aussi être en mesure d’utiliser le français standard afin d’avoir accès au marché de l’éducation supérieure et l’emploi (p.18).
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