Nadie me dijo [Nobody told me] : Language Policy Negociation and Implications for Teacher Education

Manka Varghese et Tom Stritikus
2005

L’éducation bilingue est un sujet de tension aux États-Unis puisqu’il soulève des « questions d’immigration, de distribution d’argent et de pouvoir et de valorisation des étudiants » (traduction libre, p. 4). Grâce à une analyse de cas comparée en Pennsylvanie et en Californie, les auteurs s’intéressent à la façon dont les politiques linguistiques sont mises en œuvre par les enseignants.  Le contexte de ces deux États est différent. En Californie, la Proposition 227, adoptée en 1998, a interrompu plus de 30 ans d’initiatives en faveur de l’éducation bilingue en promouvant la position du mouvement English Only (révoquée en 2016).  En Pennsylvanie, si l’enseignement se fait de facto en anglais, l’enseignement en certaines langues dites modernes ou étrangères, que ce soit l’espagnol, l’allemand, le russe ou le français est possible au primaire et suggéré comme options au choix au secondaire. Cet État prévoit aussi un enseignement bilingue pour les enfants dont la première langue n’est pas l’anglais mais uniquement dans le but de favoriser la transition vers l’anglais. Quatre enseignants de trois écoles différentes ont participé à cette recherche recueillant des données de nature qualitative (entretiens, observation, journal de bord des chercheurs). En Californie, quatre enseignants y ont aussi participé issus de deux écoles.

 

Dans ces contextes, que signifie être un enseignant ? Trois facteurs semblent influencer les pratiques de ces enseignants. D’abord, la politique locale ou d’établissement, l’identité professionnelle et l’histoire personnelle de l’enseignant combinée à l’entrée dans la profession. En Californie, selon les enseignants interviewés dans l’une des deux écoles, et suite à des revendications de parents, l’éducation bilingue est maintenue malgré la proposition 227. Cependant, au niveau de l’identité professionnelle, des enseignants peuvent ne pas sentir suffisamment confiants pour la mettre en œuvre dénonçant un manque de soutien de la direction. Dans d’autres cas, le manque de confiance est noté quand il s’agit de faire la transition de l’espagnol vers l’anglais, faute de ressources. Au plan biographique ou de leur propre histoire personnelle, certains enseignants ayant fait eux-mêmes l’expérience du racisme et de l’exclusion se montrent plus enclins à développer leur enseignement bilingue. D’autres regrettent que la direction leur ait assigné ce rôle d’enseignant bilingue sans les consulter. Cette situation ferait en sorte qu’ils se sentent moins impliqués. Pour les auteurs, les éléments de contexte et les postures des enseignants doivent être prises en compte en discutant avec eux en dehors de la classe. Les défis de l’enseignement bilingue ne doivent pas être vus comme de simples problèmes techniques ou de ressources, mais doivent faire l’objet de discussions et de réflexions avec les enseignants.

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Informations

Auteur.e.s

Manka Varghese et Tom Stritikus
Année de publication
2005
Thème(s)
La profession enseignante

Région(s)

États-Unis

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