Littératie universitaire en milieu francophone minoritaire : vers une amélioration des habiletés scripturales

« La problématique de la littératie se veut une priorité en milieu scolaire canadien (Cavanagh et al., 2016; LeBlanc-Cormier, 2016; Rivard & Levesque, 2011). Notre projet s’inscrit dans cette volonté d’assurer aux étudiants francophones issus de milieux minoritaires une transition réussie afin de les engager à poursuivre leurs études en français, malgré le contexte anglodominant qui favorise le phénomène d’assimilation linguistique. » (Lamoureux et al., 2020, p. 177)
Dans un contexte de massification et d’internationalisation des études supérieures, la littératie universitaire s’avère de plus en plus être un paramètre à prendre en compte. (Benesch, 2001 cité dans Lamoureux et al., 2020, p. 176) Or, on constate un affaiblissement de ces compétences pourtant nécessaires à une intégration réussie des nouveaux étudiants selon les auteures, et qui ajoutent que cela se fait surtout sentir dans le monde francophone.
En soulignant l’importance de la poursuite des études universitaires en français pour les communautés francophones en milieu minoritaire, les chercheures se proposent de répondre à deux questions principales : 1) Est-ce qu’un cours axé sur les processus d’écriture et conçu pour des francophones issus de milieux minoritaires permet une amélioration des habiletés scripturales chez les étudiants qui y sont inscrits ? 2) Chez les diplômés des écoles de langue française de l’Ontario, y a-t-il un lien entre la note finale au cours de français préuniversitaire de 12e année (FRA4U) et les résultats d’analyse des textes du test de placement, de l’examen de mi-session et de l’examen de fin de session ? (p. 160)
Le corpus de l’étude est constitué des textes rédigés par les étudiants des deux premiers groupes qui ont participé à un cours offert par l’Université d’Ottawa et axé sur la littératie universitaire et ayant comme objectif principal d’assurer une meilleure transition entre le palier secondaire et les études en français à l’Université.
Les résultats, discutés en fonction des deux questions de recherche montrent que pour les deux groupes, une amélioration des habiletés à l’écrit. Or, en croisant le résultat des évaluations des textes produits au cours de la recherche, à ceux liés au cours FRA4U, les auteures déduisent que « les résultats au cours FRA4U ne semblent pas être de bons prédicateurs de la qualité attendue sur le plan des habiletés scripturales des étudiants postsecondaires, mais qu’ils seraient de bons prédicateurs du niveau de compétence scripturale à la fin du cours sur la littératie universitaire » (p. 175).
Rappelant le fait que les participants à la recherche faisaient catégoriquement partie des « étudiants forts » (p. 177) (96% d’entre eux avaient obtenu un résultat d’au moins 70% au cours FRA4U), « comme cela est souvent le cas dans les activités facultatives » (p.177), Lamoureux, Vignola et Bourdages font remarquer que « les étudiants pour lesquels le cours a été conçu ne s’y sont pas nécessairement inscrits » (p.177). Les auteures suggèrent donc des « moyens d’inciter les étudiants francophones de milieux minoritaires à profiter des ressources qui sont mises à leur disposition » (p.177) soient développés. Ainsi, proposent-elles certaines pistes de recherche pour exploiter les données de leur projet.
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