Les langues minoritaires dans l’enseignement

Mark Stuijt s’intéresse à un ensemble d’études portant sur l’enseignement des (ou dans les) langues minoritaires en Europe. Ensuite, il nous présente le « réseau paneuropéen d’information », le Mercato-Éducation.
En s’inspirant des travaux de la Communauté européenne, les langues minoritaires sont définies en tant que « langues indigènes de l’Europe, différentes de la langue principale, officielle, de l’État membre » (1994, p.2).
Par cette définition, l’auteur souligne le contraste d’une langue minoritaire dans un État, mais parfois majoritaire dans un autre (par exemple l’allemand en Belgique ou encore le français en Italie). Mais par sa position sociale, juridique et éducative au sein des communautés, une langue est donc minoritaire par rapport à celle majoritaire d’un État. Dans ce cas Stuijt préconise le terme de « communautés de langue minoritaire » davantage que le terme de langue minoritaire (1994, p.3).
Dans un deuxième temps Stuijt, présente des travaux de recherche sur l’enseignement dans les langues minoritaires.
Parmi le premier exemple, il cite l’étude d’Hugo Baetens qui s’intéresse aux « modèles européens d’enseignement bilingues ». Il constate que les projets de recherche d’enseignement bilingue sont essentiellement menés en Amérique du Nord. Notamment, avec l’une des formes d’enseignement bilingue la plus attrayante au Canada : le programme d’immersion. Toutefois, en Europe, il souligne que les programmes d’enseignement bilingue « sont plus ou moins considérés comme des programmes d’enrichissement », où la langue minoritaire représente un atout supplémentaire à la langue majoritaire et ne joue pas un rôle de transmission (1994, p. 3).
Toujours en Europe, l’article d’Artigal que cite Stuijt, expose une comparaison des différents programmes « importés » en Catalogne et au Pays-Bas, en particulier les programmes d’immersion. Ces observations l’amènent à conclure que l’enseignement dans la langue minoritaire comme moyen de « transmission de l’instruction » et comme « instrument dominant de la communication » par le programme d’immersion popularise non seulement la langue minoritaire mais favorise aussi l’acquisition de la langue majoritaire et minoritaire chez les élèves (1994, p.4).
Enfin, Stuijt analyse les travaux menés par Pinna Catte sur la Sardaigne où les modèles d’enseignement bilingue en Europe et en Amérique du Nord sont discutés. Parmi ses conclusions, elle en déduit que les programmes d’immersion nord-américains ne peuvent être fructueux que si la première langue des enfants est suffisamment solide. Le modèle européen d’enrichissement serait considéré plus intéressant comme modèle d’enseignement bilingue pour la Sardaigne.
Suijt examine aussi quatre exemples qui représentent les caractéristiques des sociétés en faveur de l’enseignement bilingue. Par exemple, les travaux de Grant et Docherty s’intéressent à la politique linguistique en Écosse et en Catalogne et à « l’expérience catalane de normalisation linguistique et aux programmes éducatifs élaborés à cette fin » qui suscite la curiosité des Écossais (1994, p.5). La deuxième étude est celle de Michael Byram qui se consacre aux minorités dans un contexte transfrontalier (majorité/minorité), au sein des écoles allemandes ou en charge des germanophones minoritaires en Belgique. Une autre étude du même auteur compare deux modèles d’établissement qui proposent un enseignement en langue minoritaire dans les écoles allemandes du Sud-Tyrol et les écoles slovènes de Carinthie. Enfin, l’étude comparative d’Antoni Milian propose une réflexion des cadres juridiques au travers de cinq pays, en soulignant l’importance des droits linguistiques comme partie intégrante des droits fondamentaux d’éducation.
Pour finir, cet article présente le projet Mercator. Naît en 1987, ce projet a pour objectif de « constituer un vaste réseau de documentation, d’information et de recherche sur les langues minoritaires indigènes en Europe » (1994, p.7). Ce réseau permet de développer des recherches comparées à partir des données étudiées dans divers projets menés : les projets EMOL, PREP et LEMA que discute Suijt dans la suite de l’article.
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