Les identités linguistiques et poids des langues : une étude comparative entre des jeunes de milieu scolaire francophone au Nouveau-Brunswick et anglophone au Québec

Annie Pilote, Marie-Odile Magnan et Karine Vieux-Fort

« Devant la force d’attraction de l’anglais et la prévalence des identités bilingues dans certains milieux, la francophonie canadienne fait non seulement face à l’enjeu de la transmission de la langue française aux futures générations, mais aussi à sa mise en valeur dans l’ensemble canadien.  » (Pilote, Magnan et Vieux-Fort, 2010, p. 91)  

Comme l’affirment les auteures, l’originalité de cette étude comparative réside dans le fait que peu de recherches ont exploité jusqu’à présent la question des identités bilingues dans les milieux scolaires anglophones au Québec. C’est dans cette optique que Pilote, Magnan et Vieux-Fort entreprennent cette recherche fondée sur des données de nature qualitative et à portée comparative pour répondre aux questions suivantes : « s’il s’avère que les jeunes fréquentant l’école de langue anglaise au Québec expriment une identification bilingue, les enjeux éducatifs soulevés par ce phénomène sont-ils semblables à ceux qui sont soulevés en milieu francophone minoritaire ? Dans quelle mesure la famille et l’école contribuent-t-elles à la transmission des identités linguistiques ? » (p. 66).

Le cadre théorique (centré sur les processus de socialisation à travers lesquels l’individu construit son identité linguistique) et la méthodologie de la recherche (étude de cas basée sur des entretiens biographiques semi-dirigés) une fois présentés, les auteures proposent une catégorisation commune dans le but de regrouper les choix identitaires exprimés par les jeunes selon leur socialisation familioscolaire. Ainsi, les participants à la recherche, étant tous scolarisés à l’école de la minorité, sont catégorisés dans les trois parties suivantes : élèves issus de famille endogames minoritaire ; élèves issus de familles endogames majoritaires ; élèves issus de familles exogames.

Les chercheuses constatent ainsi que l’identité bilingue est une forme identitaire à la fois présente chez les jeunes de l’école française en milieu minoritaire et les jeunes de l’école anglaise au Québec, mais que les réalités découlant de cette identité bilingue ne sont pas les mêmes chez les deux communautés linguistiques étudiées.  

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Annie Pilote, Marie-Odile Magnan et Karine Vieux-Fort
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