Les hauts et les bas de l’action politique : Luttes pour l’éducation en français en Colombie-Britannique

Rémi Léger ; Nicholos Poullos
2018

« Le succès des stratégies d’action politique est notamment tributaire des brèches ou des ouvertures dans le régime politique, en plus de dépendre de la volonté politique des élus politiques et des fonctionnaires » (Leger et Poullos, 2018, p. 211). 

L’article de Rémi Léger et de Nicholas Poullos (2018) a comme objectif principal de mettre en lumière l’action et les efforts politiques des francophones de la Colombie Britannique pour l’éducation en français. Pour ce faire, les deux chercheurs se concentrent sur une période d’une trentaine d’années, soit celle qui va de la grève de Maillardville en 1951 jusqu’en 1982, l’année de l’adoption de la Charte canadienne.

Pour élucider leur problématique, Léger et Poullos (2018) abordent brièvement l’histoire de l’action collective des communautés francophones au Canada pour en conclure que le groupe franco-colombien n’est pas une exception dans le sens où « à l’instar des mutations survenues ailleurs en francophonie canadienne, les francophones ont eux aussi revu et bonifié leurs stratégies d’action politique en vue de profiter de brèches ou des ouvertures aux échelles tant fédérales que provinciales » (Léger et Poullos, 2018, p. 200).

Est ensuite évoqué le cadre conceptuel de la recherche, basé sur deux notions d’opportunités politiques et de schèmes d’interprétation. La première renvoie, selon les chercheurs, au régime politique, à l’organisation du pouvoir politique, notamment le fédéralisme canadien (p. 200), bref, aux « dimensions institutionnelles, sociopolitiques ou normatives qui ont une influence sur la forme prise par l’action et son succès. » (Tarrow, 2011. Cité dans Léger et Poullos, 2018, p. 200) La notion de schèmes d’interprétation quant à elle met surtout en relief l’idée du cadrage dans le sens d’un « travail de signification » ou un « travail de construction de sens » (p. 201), qui permet aux groupes sociaux de « donner sens aux événements et de guider l’action visant à changer leur réalité » (p. 201).

Les auteurs analysent le répertoire d’action du groupe franco-colombien entre 1951 et 1982. Trois actions principales sont étudiées en lien aux écoles catholiques et bilingues,  à la place du français dans le système d’enseignement public et finalement aux écoles françaises. A chaque occasion, le contexte politique de l’action en question est évoqué ainsi que le déroulement des faits ou comme préfèrent les chercheurs, les hauts et les bas de l’action, et enfin, le dénouement auquel on est confronté.

Les auteurs, en conclusion, qualifient les succès du groupe franco-colombien comme étant mitigés car « la province acceptant de créer le programme-cadre en français, mais ce dernier, étant bien en deçà des écoles françaises demandées » (p. 211).  Selon Léger et Poullos (2018), « le succès des stratégies d’action politique est notamment tributaire des brèches ou des ouvertures dans le régime politique, en plus de dépendre de la volonté politique des élus politiques et des fonctionnaires » (p. 211).

Informations

Auteur.e.s

Rémi Léger ; Nicholos Poullos
Année de publication
2018
Thème(s)
Les politiques et pratiques éducatives et linguistiques

Région(s)

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