Les chemins de la construction identitaire : une typologie des profils d’élèves d’une école secondaire de la minorité francophone

« Bien que certains profils semblent conduire tout droit à l’abandon de la communauté francophone […], la majorité des profils suggère des modes variés de participation et d’appartenance à la collectivité francophone minoritaire. » (Pilote, 2006, p. 51)
Il s’agit ici d’une enquête ethnosociologique qui, à travers l’analyse des récits biographiques de 23 élèves du secondaire d’un centre scolaire communautaire francophone au Nouveau-Brunswick, propose une typologie comprenant huit profils identitaires dans le but de mieux comprendre la construction identitaire des jeunes dans le contexte de la francophonie minoritaire.
Afin de situer sa recherche par rapport à toutes celles qui s’intéressent à l’expérience collective des jeunes dans le milieu de la francophonie minoritaire, Pilote (2006) propose une catégorisation selon laquelle lesdites recherches peuvent être regroupées selon trois principaux courants de pensée : nostalgique (Bernard, 1998 ; Castonguay, 1997, 2002) ; pragmatique (Landry et Allard, 1999 ; O’Keefe, 2001) et civique (Hébert, 2002 ; Thériault, 1995 ; Pilote, 1999).
La notion d’interaction en tant que moteur de la vie sociale constitue le cœur du cadre théorique de la recherche de l’auteure. L’approche méthodologique quant à elle, se base sur l’ethnosociologie. Comme la chercheure le précise chaque récit ne donne lieu qu’à des représentations schématiques. La typologie proposée par Pilote (2006) comprend au total huit profils identitaires (affirmationnistes, déraciné/es, caméléons, critiques engagés, bilingues polyvalents, compositeurs singuliers, majoritaires désintéressés et citoyens du monde) et illustre « les différents chemins empruntés par les adolescent/e/s au cours de leur construction identitaire » (p. 44). Enfin, il faut préciser que malgré le caractère désengagé de certains profils par rapport à la communauté francophone, « la majorité des profils suggère des modes variés de participation et d’appartenance à la collectivité francophone minoritaire », ce qui signifie « la possibilité de tracer différentes voies d’appartenance en milieu francophone minoritaire, faisant davantage de place au pluralisme » (p. 51).
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