L’enseignement du basque et en basque dans la Communauté Autonome Basque

Ane Larrinaga Renteria
2017
“Selon une étude de 2015, la majorité des parents de la CAB choisissent le modèle d’immersion pour leurs enfants démontrant l’importance accordée à la revitalisation de la langue.” – Larrinaga Renteria, 2017, p.86

Larrinaga Renteria, A. (2017). L’enseignement du basque et en basque dans la Communauté Autonome Basque. Cahiers internationaux de sociolinguistique, 11(1), pp.83-106. https://doi.org/10.3917/cisl.1701.0083

Dans cet article, la professeure Ane Larrinaga Renteria dresse un état des lieux de l’enseignement du basque et en basque, à différents niveaux, dans la Communauté Autonome Basque (ou “CAB”), du côté espagnol de la frontière. Tout d’abord, elle présente le système scolaire et ses différents modèles d’intégration du basque. Il faut savoir que la création d’écoles en basque est considérée comme l’une des “grandes réussites du mouvement culturel basque” visant à revitaliser la langue (Larrinaga Renteria, 2017, p.84). Les élèves de la CAB ont le choix entre le “modèle A” dans lequel le basque est enseigné comme langue seconde et l’espagnol est la langue d’enseignement; le “modele B” qui est un modèle bilingue espagnol basque mais dont le taux d’heures en basque varie selon les écoles; et le “modèle D” où les élèves sont en immersion totale en basque sauf pour les cours d’espagnol (Larrinaga Renteria, 2017, pp.85-86). Selon une étude de 2015, la majorité des parents de la CAB choisissent le modèle d’immersion pour leurs enfants (Larrinaga Renteria, 2017, p.86) démontrant l’importance accordée à la revitalisation de la langue. En revanche, Larrinaga Renteria souligne que cet essor pour l’enseignement en basque a souligné un besoin accru d’enseignants bilingues, déclanchant ainsi “un programme spécial de “basquisation” du professorat” (Larrinaga Renteria, 2017, p.87) afin d’accorder l’offre à la demande. En matière d’acquisition de compétences linguistiques en basque, le modèle D surpasse nettement les autres modèles (Larrinaga Renteria, 2017, p.90).

Malgré ces résultats prometteurs, la réalité sociale est telle que l’espagnol reste la langue dominante en dehors de la salle de classe, faisant écho aux écoles francophones minoritaires en Ontario. L’auteur explique que la “‘basquisation’ qui se produit à l’école n’a pas toujours de continuité dans les situations sociales et les réseaux de sociabilité” (Larrinaga Renteria, 2017, p.92). Cette prédominance de l’espagnol se constate notamment lors du passage à l’adolescence. Dans l’enseignement supérieur, il y a l’Université publique (UPV/EHU) où les étudiants peuvent suivre leurs études en basque, notamment au premier cycle. L’auteure souligne d’ailleurs le rôle de l’UPV dans le “processus de standardisation” du basque (Larrinaga Renteria, 2017, p.96). Néanmoins, l’anglicisation du domaine académique et de la recherche est vécue avec réticence dans la CAB et l’Université se heurte à un manque de personnel bilingue, voire trilingue. Finalement, l’un des “piliers” de la revitalisation du basque est l’enseignement aux adultes. L’auteure explique que les cours d’alphabétisation des adultes se sont progressivement transformés afin de répondre aux besoins d’une société où le basque reste minoritaire et non-essentiel à la vie quotidienne. L’offre s’est ainsi tournée vers la préparation des adultes à des “situations réelles de communication” rencontrées notamments dans certains domaines professionnels, et divers modes d’apprentissages sont proposés (Larrinaga Renteria, 2017, p.101).

Informations

Auteur.e.s

Ane Larrinaga Renteria

Année de publication

2017

Thème(s)

Les politiques et pratiques éducatives et linguistiques

Région(s)

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