Identité ethnolinguistique et bien-être mental : le cas des jeunes francophones du Manitoba

Annabel Levesque; Ndeye Rokhaya Gueye ; Danielle de Moissac ; Hélène Archambault ; Étienne Rivard

Cette étude souligne tout d’abord la lacune qui existe en matière des données liées à la relation entre l’identité collective et le bien-être mental des jeunes francophones. Ainsi, en abordant les trois dimensions identitaires collectives à savoir : attachement à l’identité ethnolinguistique minoritaire, attachement à l’identité ethnolinguistique majoritaire et continuité ethnolinguistique minoritaire, les auteurs se donnent justement l’objectif de combler cette lacune.

Chacune de ces trois dimensions identitaires empruntées à la littérature scientifique, est délimitée et expliquée dans le cadre théorique de la recherche. Ensuite, en recourant à Tajfel (1981), les auteurs définissent l’identité collective avant d’évoquer le lien qui s’établit entre ce concept de base et celui du bien-être. Sont alors présentés les modèles théoriques et les recherches suggérant que les trois dimensions identitaires en question seraient liées au bien-être mental des individus appartenant à des minorités ethnolinguistiques. Un questionnaire comprenant 40 entrées est présenté aux participants et au total 592 personnes y ont répondu. Les données sont ensuite soumises à divers types d’analyse. L’analyse corrélationnelle des données montre entre autres que « l’attachement à l’identité francophone et l’attachement à l’identité anglophone [ne se situent pas] aux deux extrêmes d’un même continuum et ne sont donc pas mutuellement exclusifs » (p. 119).  Ceci dit, les auteurs soulignent que la relation entre l’attachement à l’identité francophone et la continuité ethnolinguistique reste forte dans le sens où « plus les francophones du Manitoba démontrent un fort attachement à leur identité francophone, plus ils ont tendance à percevoir l’avenir de la francophonie manitobaine comme étant stable et continu » (p. 120). Levesque et col. (2022) concluent que « les trois dimensions identitaires sont chacune liée de façon indépendante et significative au bien-être psychologique des jeunes francophones du Manitoba de 14 à 25 ans » (p. 120) ; ce qui confirme, selon les auteurs, « l’importance de soutenir les efforts visant la vitalité ethnolinguistique des communautés francophones minoritaires au Canada, puisque ces efforts sont susceptibles d’avoir des retombées importantes sur le bien-être des individus au sein de ces communautés » (p. 120).

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Annabel Levesque; Ndeye Rokhaya Gueye ; Danielle de Moissac ; Hélène Archambault ; Étienne Rivard
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