Finding space for non-dominant languages in education : language policy and medium of instruction in Timor-Leste, 2000–2012

Dans cet article, Taylor-Leech utilise l’exemple du Timor-Leste pour expliquer comment les politiques en matière d’éducation sont liées au contexte sociopolitique. Elle explique tout d’abord comment le passé colonial du pays a affecté l’écosystème linguistique. Ensuite, elle attire l’attention sur les récentes propositions d’éducation multilingue basée sur la langue première ou maternelle (mother tongue-based multilingual education, MTB-MLE) et sur la manière dont l’introduction en langue première ou maternelle en tant que (medium of instruction, MOI) permet de mettre un terme à l’abandon scolaire.
L’écologie linguistique du Timor-Oriental découle de son passé de colonie portugaise et de son invasion ultérieure par l’Indonésie. Le contact avec les forces de maintien de la paix de l’ONU a également amené l’anglais comme langue de travail dans le pays. Ainsi, le portugais, l’anglais et l’indonésien sont les langues étrangères dominantes au Timor-Oriental, bien qu’elles comptent le moins de locuteurs. Le tetum est la seule langue nationale à bénéficier aujourd’hui de la parité officielle avec le portugais, car elle a longtemps été la langue la plus utilisée pour communiquer entre les diverses communautés linguistiques. Taylor-Leech estime que quelque 16 langues nationales et leurs variantes dialectales sont utilisées dans les foyers est-timorais.
Taylor-Leech explique ensuite comment les efforts du Timor-Oriental en faveur de l’enseignement primaire universel progressent, mais pourraient être rendus difficiles par les besoins spécifiques d’une population linguistique aussi diversifiée. Selon l’auteure, au moins 70 % des élèves n’atteignent pas la sixième année. Parmi d’autres facteurs, l’utilisation d’une seconde langue ou d’une langue étrangère pour l’enseignement joue un rôle dans les faibles résultats scolaires.
L’auteure décrit comment les politiques ont évolué depuis l’indépendance en 1999 pour créer un système éducatif avec le portugais et le tetum comme MOI et souligne l’absence de développement professionnel offert aux enseignants.
En 2008, la législation a été réformée et la structure du système éducatif garantit à tous les citoyens l’accès à neuf années d’enseignement de base obligatoire et gratuit. Alors qu’auparavant le portugais avait la priorité et que le tetum avait le statut de langue auxiliaire, la nouvelle législation établit que les langues d’enseignement du système éducatif est-timorais sont le tetum et le portugais en tant que MOI, tandis que les autres langues ne sont employées comme langues d’instruction que pendant les premières années de l’éducation de base, pour assurer ainsi une transition en douceur vers les deux langues officielles. L’auteure reproche à cette politique d’être une initiative impulsée du haut vers le bas.
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