Etude exploratoire de l’insécurité linguistique et de la glottophobie chez des étudiants universitaires de l’Ontario

Christian Bergeron ; Philippe Blanchet ; Mylène Lebon-Eyquem
2022

L’insécurité linguistique et les discriminations linguistiques font l’objet d’un nombre important de recherches surtout dans le contexte de la francophonie minoritaire. Pourtant, comme l’affirment Bergeron, Blanchet et Lebon-Eyquem (2022), « aucune étude canadienne » (p. 2) n’a abordé ces deux problématiques de manière conjointe. Ainsi, le parcours linguistique de plus de 130 étudiants de la région d’Ottawa est-il exploré par les chercheurs dans le but « d’analyser les manifestations d’insécurité linguistique [et] d’analyser les formes de discriminations à prétexte linguistique (glottophobie). » (p. 9)

Dans le but de contextualiser la recherche et d’en introduire la problématique, est évoquée la Loi sur les langues officielles (LLO) ainsi qu’un bref compte-rendu analytique de la situation linguistique au Québec et en Ontario français. Le cadre conceptuel de la recherche est ensuite défini à partir principalement d’une revue succincte de la littérature du sujet en ce qui concerne les deux notions clés de l’insécurité linguistique et de la glottophobie.

De l’ensemble de 131 étudiants qui ont participé à la recherche en répondant au questionnaire 43% ont affirmé avoir été victimes ou témoins directs d’une discrimination linguistique au cours de trois années précédant l’enquête ; de plus, les « principaux lieux de discrimination évoqués sont les lieux publics (25%), le milieu de travail ou l’embauche (19%), le milieu de l’éducation (17%) ainsi que les organisations publiques (16%). » (p. 19). Les chercheurs affirment aussi que 32 % des participants dans leur enquête ont affirmé n’avoir parlé à personne (p. 19) au sujet des discriminations à prétexte linguistique dont ils étaient victimes ou témoins directs. De plus, « trois personnes sur 10 ne sont pas en mesure de déterminer si ce qu’elles ont vécu est une discrimination linguistique ou non » (p. 20).  

Les chercheurs proposent, dans leur conclusion, que « les accents, les variétés de la langue française et de normes linguistiques ne devraient pas conduire à des formes de discriminations » (p. 21), d’autant plus que ces discriminations « renforcent indirectement l’hégémonie de l’anglais et, par conséquent, les discriminations vécues par les francophones » (p. 21).  Les chercheurs proposent ainsi un « dispositif de vigilance » qu’ils qualifient de « nécessaire » pour « assurer in fine la pérennité de la langue française en Ontario et le respect des droits linguistiques des étudiants francophones » (p. 21).  

Informations

Auteur.e.s

Christian Bergeron ; Philippe Blanchet ; Mylène Lebon-Eyquem
Année de publication
2022
Thème(s)
Le rôle de l'élève et de l'étudiant

Région(s)

Ontario

Vous avez une question?